Une initiative nationale d'application des connaissances

McWilliam, C. L., Stewart, M., Brown, J. B., Feightner, J., Rosenberg, M., Gutman, G., ... Morfitt, G. (2003). Promoting evidence-based health policy, programming, and practice for seniors: Lessons from a national knowledge transfer project, Canadian Journal on Aging, 22(4), 415-430, doi : 10.1017/S071498080000427X

Description

Le processus national canadien de création de consensus est un projet triennal mis au point pour favoriser l’application des connaissances parmi les intervenants en matière de santé des aînés. Parmi ces intervenants figuraient des aînés, des responsables de l’élaboration des politiques, des fournisseurs professionnels, des planificateurs de services et des universitaires. Le processus avait pour objectif de favoriser une meilleure compréhension et de créer un consensus plus marqué parmi les chercheurs et les utilisateurs des travaux de recherche afin d’augmenter la fourniture de services efficaces et rentables dans le domaine de la santé des aînés. Cette ressource est un exemple type d’initiative nationale d’application des connaissances faisant intervenir des stratégies d’AC et des techniques pour évaluer cette application.

Le processus reposait sur l’idée d’une communauté du savoir où l’interaction sociale favorise la compréhension entre les chercheurs et les utilisateurs des travaux de recherche. Selon ce modèle de consensus pour le partage des connaissances, divers intervenants possèdent différents genres de connaissances qui sont tous requis pour créer des politiques et des programmes efficaces afin de s’attacher aux problèmes de santé (Broner, 2001). (Cliquez ici pour voir un sommaire de Broner sur la création d’un consensus pour l’échange de connaissances.). Le processus englobait tous les éléments d’une stratégie d’application des connaissances, y compris la dissémination, l’échange, le choix (définir les messages clés et les priorités) et l’application des connaissances. Pour y arriver, des sous-comités ont été formés dans les domaines suivants :

  • approches et modèles systémiques pour les soins de santé
  • optimisation de la médication chez les aînés
  • programmes d’entraide, d’autoassistance et d’autonomie en matière de santé
  • coûts économiques d’une population vieillissante

Il y avait cinq groupes d’intérêt :

  1. les responsables fédéraux et provinciaux de l’élaboration des politiques économiques et pour la santé, les services sociaux et les aînés,
  2. les planificateurs des services de santé à l’échelle des districts et des régions,
  3. les fournisseurs de services sociaux et de santé et leurs associations professionnelles,
  4. les groupes de défense des aînés et le grand public,
  5. les universitaires, y compris les éducateurs et les chercheurs dans les domaines de la gérontologie, de la santé et des services sociaux.

Le processus, fondé sur un modèle d’interaction sociale, comptait quatre éléments :

  1. une stratégie fondée sur les leaders d’opinion,
  2. des analyses documentaires systématiques,
  3. des activités de dissémination, d’échange, de choix et d’application des connaissances,
  4. la création d’un consensus.

Étapes de l’utilisation de la méthode/de l’outil

L’initiative du processus national canadien de création de consensus se divise en quatre éléments :

1. une stratégie de dissémination des connaissances : stratégie fondée sur des leaders d’opinion

  • Recours à des leaders d’opinion « de liaison » qui se sont servi de leurs relations et de leur influence pour toucher de plus en plus de leaders d’opinion plus éloignés
  • Des leaders d’opinion « de liaison » ont également fait intervenir des organismes pour qu’ils encouragent les leaders d’opinion faisant partie de leurs membres et pouvant toucher des « couches » subséquentes d’intervenants.

2. Stratégie d’échange de connaissances : analyses documentaires systématiques

  • Des sous-comités ont effectué des analyses documentaires systématiques sur des sujets précis.
  • Des sous-comités ont élaboré des sommaires, des fiches de renseignements d’orientation et des documents profanes à partir de ces examens systématiques.
  • Pendant 18 mois, des intervenants ont examiné ces documents, ont cerné et classé en ordre de priorité les messages clés, et déterminé les mesures d’intérêt qui pouvaient être prises.

3. Stratégie de choix des connaissances : stratégie de création de consensus

  • La création d’un consensus a commencé par une rencontre lors d’un congrès annuel.
  • L’élan qu’a suscité le congrès a été maintenu par une série de six questionnaires « par étapes » étalée sur 18 mois.

Les questionnaires étaient destinés à définir ce qui suit :

  • l’intérêt à l’égard des enjeux
  • les idées sur les messages clés, les enjeux, les préoccupations et les priorités dans les quatre domaines de recherche
  • le consensus concernant les enjeux prioritaires
  • les mesures de suivi possibles
  • le consensus sur les mesures de suivi prioritaires
  • l’engagement à prendre des mesures de suivi (cliquez ici pour voir un sommaire sur la création de consensus pour l’échange de connaissances)

4. Stratégie d’application des connaissances : activités et documents de dissémination, d’échange et de choix de connaissances

  • Un site Web sur le processus national canadien de création de consensus fournissait des sommaires de documents de synthèse et des fiches de renseignements d’orientation, notamment.
  • Des intervenants ont instauré des activités de dissémination et d’échange de connaissances.
  • Des intervenants ont mis au point et publié des analyses documentaires sous forme de manuscrits évalués par des pairs.

Évaluation

Des questionnaires de sondage ont été soumis à la base, juste après l’intervention et un an plus tard. Les taux de réponse sont allés de 5 à 100 %. Ces sondages visaient la collecte de données quantitatives et qualitatives. De plus, les procès-verbaux des réunions du comité sur la création d’un consensus national et les notes de conférence ont fourni des données qualitatives.

Globalement, les données probantes issues de la recherche ont été disséminées par l’entremise de 86 activités à 2 946 personnes, au départ, qui avaient assisté à la conférence ou visité le site Web. Les connaissances découlant de 783 études ont été transmises à 63 387 personnes.

En tout, 198 organismes et 65 personnes ont répondu aux sondages soumis à la base, tout au long de l’intervention, juste après et un an plus tard. Même si, dans l’ensemble, la proportion de participants qui étaient conscients des données probantes issues de la recherche ou qui y avaient donné suite avait augmenté, ce ne fut le cas dans tous les groupes d’intérêt et dans tous les domaines (reportez-vous au tableau 8 pour connaître les groupes et l’augmentation autoévaluée au chapitre de la prise de conscience et de mesures). Les débats et la publication de renseignements sur des sujets précis dans le grand domaine de la gérontologie ont augmenté.

Bien que le processus ait été assez fructueux en ce qui touche les activités de dissémination et d’échange de connaissances, le processus de création de consensus pourra avoir fait baisser le niveau d’attention accordée aux données probantes issues de la recherche. Selon les créateurs, intégrer des mécanismes plus séquentiels et des délais plus longs pour que les groupes d’intérêt puissent inclure le capital social dans le processus de création de consensus pourra faire en sorte que l’application des connaissances donne de meilleurs résultats.

Dans les sondages, les participants devaient définir les degrés de prise de conscience et de mesures concernant les sujets cibles, en plus d’autoévaluer comment ils s’en tiraient à ces égards. L'autoévaluation pouvait être influencée par le biais. De plus, les taux de réponse à ces sondages variaient, ce qui limitait encore les résultats d’évaluation.

Ces sommaires sont préparés par le CCNMO afin de condenser la matière et offrir un aperçu des ressources figurant dans le Registre des méthodes et outils, et pour fournir des suggestions quant à leur utilisation dans un contexte de santé publique. Pour plus d’information sur une méthode/un outil mentionné dans le sommaire, consultez les auteurs/développeurs de la ressource d’origine

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